African Studies Association
47th Annual Meeting
November 11-14
New Orleans, LA

THÈME











THÈME
SOUS-THÈMES
FORMULAIRES
 

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Le pouvoir de l’expression:
l’identité, la langue et la mémoire en Afrique et dans sa diaspora

Réunions annuelles
African Studies Association (EUA), 2004
Association canadienne des études africaines/
Canadian Association of African Studies, 2004
 

Co-présidents pour le programme
Dennis D. Cordell
Southern Methodist University
(dcordell@smu.edu)
et
Philip Zachernuk
Dalhousie University
(pzachern@dal.ca)



 
 

 

En cet âge de mondialisation et de transnationalisme, d’importants courants économiques, politiques et sociaux entraînent les sociétés vers une homogénéité inspirée des modèles de l’Ouest et du Nord.  Malgré le fait que dans l’Ouest et dans le Nord, la mondialisation est largement perçue comme une américanisation et n’est pas la bienvenue.  Certains observateurs affirment que ces processus globaux ont marginalisé les états-nations.  D’autres ont remarqué que partout à travers le monde, des sociétés locales, des groupes sociaux et des individus ont résisté à ces pressions avec ténacité.  L’expression « le local et le global» est apparue il y a quelques années à peine comme une trope de ces interprétations contestées des tendances globales, lors des congrès sur les sciences humaines et sociales, et lors de rencontres de spécialistes dans ces domaines.  Les termes globalisation et transnationalisme ont été si souvent utilisés et si fréquemment réinterprétés qu’ils frisent le cliché.  La venue d’un colloque conjoint de l’African Studies Association (ASA) et de l’Association canadienne des études africaines/Canadian Association of African Studies (ACÉA/CAAS), à la Nouvelle-Orléans, nous offre un lieu et un contexte appropriés qui nous permettront de faire avancer d’un pas l’analyse de ces processus décriés par l’étude de trois de ces champs de contestation : l’identité; la langue et la mémoire.  Ainsi, pour ce colloque annuel, nous vous invitons à soumettre des communications et des panels qui traitent de ces questions sur l’Afrique et dans sa diaspora d’aujourd’hui et dans le passé.

Ces dernières années, les études sur la culture africaine ont privilégié l’étude de la mémoire et de l’identité–et, ce faisant, de la langue–afin de comprendre le renouveau de la société civile ainsi que l’éruption de la violence inter-ethnique, civile et militaire sur le continent.  Les efforts déployés pour apaiser l’hostilité entre les groupes ethniques et raciaux, comme la Truth and Reconciliation Commission en Afrique du Sud et les commissions locales et régionales au Burundi, ont beaucoup aidé à la création, la re-création et le maintien des communautés nationales.  Les études politiques–lesquelles traditionnellement évitent ces sujets considérés comme appartenant aux humanités et aux arts–ont commencé à reconnaître l’importance des politiques de l’identité et de la mémoire populaires dans leurs analyses des politiques africaines contemporaines, et surtout dans leurs études sur la démocratie, la révolution et le génocide.  Il est très évident, par exemple, que la compréhension des politiques de l’identité en Côte d’Ivoire est centrale  pour la compréhension du conflit entre les Ivoiriens originaires de la côte et ceux dont les ancêtres sont venus du Burkina Faso, de Mali et des autres pays à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest, au 20e siècle.  Et bien avant, l’usage de la langue de l’authenticité de Mobutu, invoqué par les politiciens ailleurs sur le continent, a servi à légitimiser son gouvernement comme nationaliste plutôt que régime néo-colonial.

Les études historiques sur l’Afrique ont longtemps fait cas du rôle de la langue (et de la culture partagée) dans le développement de la communauté et de la différence, que ce soit dans le sens du «monde mande» parmi les gens parlant les langues Mande ou que ce soit par la consolidation de mondes nouveaux due à la propagation des langues comme le Swahili, le Hausa, l’Arabe, le Mossi et le Lingala parmi les peuples et les groupes à travers des endroits significatifs du continent.  Récemment, les historiens africanistes se sont servis d’un écrit du lettré français, Pierre Nora, afin d’explorer la signification de «lieux de mémoire» et comprendre comment la compréhension contemporaine des lieux de signification prétendus historiques par des groupes et des sociétés (et pays) ont affecté les interprétations du passé, et quelques fois ont agi comme repères pour faire renaître des identités du passé ou pour en unifier de nouvelles.  Manifestement, les identités changent à travers le temps.  Une nouvelle conscience populaire de l’histoire a mis en relief le fait que les gens ordinaires interprètent la signification des expériences et des événements historiques de façon fort différente de celle des historiens professionnels.  Parce que ces compréhensions populaires fournissent souvent les bases de la croyance et de l’action, elles ont actuellement une influence sur les événements du monde réel dans un temps réel.  Les biographies et les autobiographies ramènent également la langue, l’histoire et la mémoire au niveau de l’individu.
 

Les sujets se rapportant à la langue, à la mémoire et à l’identité sont des thèmes classiques dans les études littéraires, dans l’art et dans les activités artistiques africaines.  Autrefois vu comme signifiants des entités ethniques proches, les perspectives post-modernes et post-coloniales ont mené à des reconceptualisations fondamentales dans ces trois domaines.  Bien que la littérature, l’art et les activités artistiques aient en effet joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans la fixation de la langue, de la mémoire et de l’identité, ils sont aussi des creusets pour des références communautaires nouvelles, multi-métis et transnationales

L’anthropologie a suivi un parcours identique–des études ethnographiques sur des sociétés individuelles, considérées primitives ( le syndrome de «mon peuple» ) aux investigations comment les groupes se forment, se maintiennent et se re-créent dans des contextes élargis tant sociaux, politiques qu’économiques.  Ces études ont suivi les gens, de leur région rurale à la ville et les travailleurs migrants, de leur pays d’origine aux endroits où ils ont trouvé du travail–que ce soit près de chez eux, dans d’autres colonies ou pays, ou dans d’autres continents.  L’anthropologie a subi des transformations majeures et est devenue, plus que tout autre discipline, un domaine qui cible la compréhension des changements sociaux.  Ainsi, les anthropologues ont suivi l’évolution des langues anciennes dans des contextes urbains, et ont également suivi la transformation des langues coloniales européennes en langues reflétant davantage les identités africaines et les soucis en Afrique et dans les communautés de la diaspora africaine.  Ils ont également examiné les rôles contradictoires de la mémoire dans la diaspora – cette dernière créant quelques fois une unité qui n’existait pas dans la terre natale, ou alternativement, renforçant des divisions d’origine, de ce fait fragmentant la communauté au loin.

D’importantes contributions venant d’autres domaines  peuvent nous aider à comprendre de quelles manières la langue, la mémoire et l’identité se sont forgées dans les sociétés africaines.  En géographie, par exemple, il est clair que bien que le côté artificiel des frontières africaines ait été décrié dans les manuels scolaires, certaines de ces frontières imposées ont créé des espaces permettant l’évolution de communautés politiques distinctes;  certaines de ces créations arbritaires de l’époque coloniale sont des réalités au 21e siècle.  Les études en développement et celles en environnement cherchent à comprendre au-delà des ressources et des pratiques culturelles comment les sociétés et les individus se situent eux-mêmes vis-à-vis leurs voisins et le monde réel dans lequel ils vivent.  Dans le «langage du développement», qui est inclus et qui est exclus de la communauté a une répercussion profonde sur le type de développement qui se fera.  De façon concrète, aussi, le choix de langue, les préférences de langue et les luttes de langue influencent l’éducation et définissent la forme que prendra une société locale, régionale et nationale.  Il y a une génération, mettre ensemble le développement et le théâtre aurait semblé une entreprise contradictoire à sa meilleure ; aujourd’hui, dans certains milieux, cela représente une tentative sérieuse de chercher à comprendre comment les gens et les communautés peuvent revendiquer la possession au-delà du développement.  Les études religieuses et philosophiques, ainsi que les études des sciences naturelles et l’écologie apportent également des perspectives prometteuses pour l’étude de l’identité, de la langue et de la mémoire en Afrique et dans sa diaspora.

Il est certain que les thèmes de tous les panels et de toutes les communications n’ont pas à avoir comme point de mire les enjeux de l’identité, de la langue et de la mémoire en Afrique.  Les choix de communications et de panels parlant de ces sujets dans une perspective comparative s’inspirant des expériences de la diaspora africaine, du Moyen-Orient, de l’Asie et de l’Amérique latine sont également encouragés.  Au-delà de ces sujets, le comité de programmation sera heureux d’accepter toutes contributions, aussi variées soient-elles, sur des sujets d’ordre majeur qui ont permis la mise en place des études africaines.
 


 
 
 
 

SOUS-THÈMES
 

A. Espaces urbains en Afrique : Mémoire du passe et communautés actuelles

B. Le pouvoir de l’expression : Transitions politiques, conflit civil et démocratie

C. La philosophie et la religion : Les identités imaginées et le pouvoir de la pensée et de la foi

D. Changement des lieux : Les modèles environnementaux en Afrique

E.  Expressions du pouvoir : Développement économique

F. La diaspora africaine : Mémoires contemporaines et nouvelles identités

G. Récits historiques, mémoire et identité en Afrique et dans la diaspora

H. Le colonialisme, l’impérialisme et la résistance : Les formes de pouvoir

I. Expressions du pouvoir : Agriculture et développement rural

J. Les formes du pouvoir : les relations international

K. La culture visuelle et la performance en Afrique et dans sa diaspora

L. Expressions du pouvoir: Les enjeux reliés à la santé

M. Le genre et le pouvoir de l’expression

N. Les technologies de l’information et du développement : Nouvelles communauté

O. Identité et Mémoire : Langues et littératures africaines

P. L’éducation, la communauté et la langue

Q. Les langages du mouvement: Activisme et mobilisation populaires

R. L’archéologie, le langage, le mémoire et la création de l’identité
 

A. Espaces urbains en Afrique : Mémoire du passe et communautés actuelles
Toyin Falola, Université du Texas (toyin.falola@mail.utexas.edu)

On trouve sur le continent africain beaucoup des villes à la croissance la plus rapide du monde. Ces villes constituent également des environnements culturels et sociaux parmi les plus dynamiques. En tant que centres d’éducation, de commerce et de gouvernement, elles servent de premiers entrepôts de marchandises, de populations et de philosophies qui affluent d’autres pays ou les quittent. Les espaces urbains africains sont les réservoirs d’évènements passés et d’idéologies mais aussi les chaudrons de diverses communautés sociales très actuelles. De nouveaux systèmes d’expression économique, sociale et culturelle se développent très rapidement. Les résidents des villes africaines sont devenus les gardiens qui synthétisent les souvenirs du passé et les expériences actuelles pour créer de nouveaux souvenirs dans un avenir à l’évolution rapide. La mondialisation est un élément important des changements urbains. Nous devons cependant reconceptualiser notre définition de la mondialisation et dépasser la perception que nous en avons d’une force hégémonique imposée par le monde occidental à des pays incapables de se défendre eux-mêmes. Les forces globales, économiques, sociales et politiques ne poussent pas les Africains vers un modèle occidental homogène. Les citadins, il est vrai, adoptent les courants étrangers beaucoup plus rapidement que les habitants des régions rurales, mais il faut dire qu’ils adaptent ces influences aux conditions et besoins locaux. Nous devons reconnaître la capacité des populations et leur créativité pour ce qui est d’amoindrir et de mêler les forces globales au niveau local, de créer de nouveaux moyens de s’en sortir à l’intérieur d’espaces urbains de plus en plus encombrés.

Cette section appelle des articles susceptibles de révéler des souvenirs d’expériences urbaines à travers l’histoire africaine, mais aussi ceux qui se concentrent sur la nature des communautés actuelles. Comment les communautés urbaines sont-elles construites à la lumière de la migration rurale-urbaine, la migration urbaine-rurale et le mouvement international de peuples et d’idées? Comment de nouvelles langues sont-elles construites et utilisées dans la transformation de l’identité? Qui sont ces groupes nouvellement marginalisés dans le contexte de l’environnement urbain et quelles sont leurs relations avec les communautés anciennes et celles actuelles des «Autres»? Comment les identités sont-elles transformées dans l’environnement urbain et comment sont-elles transformées en nouvelles identités hybrides reflétant le passé historique d’individus et de communautés, exerçant un impact sur le présent et aidant à déterminer de nouvelles histoires individuelles et de groupes?
 
 

B. Le pouvoir de l’expression : Transitions politiques, conflit civil et démocratie
Catherine Boone, University of Texas at Austin (cboone@mail.la.utexas.edu)

Cette section invite les propositions qui explorent l’une des diverses et multiples forces qui modèlent la nature de la politique ou toutes ces forces, l’arène politique, l’état et sa formation, les circonscriptions électorales, la participation, la représentation et la citoyenneté, les institutions politiques étatiques ou non-étatiques, les régions et le régionalisme, la guerre et la paix, la stabilité et l’instabilité, les liens au niveau international, national et local dans l’Afrique contemporaine. Nous invitons plus particulièrement les contributions qui allient les débats théoriques et les innovations dans les sciences sociales–y compris les sciences politiques, l’histoire, la géographie et l’anthropologie–aux anciennes et substantielles préoccupations au centre des études de politique africaine. Nous recevrons également volontiers les propositions d’articles et de panels offerts par les spécialistes en sciences humaines–y compris la littérature et les beaux-arts–susceptibles d’éclairer la manière dont les individus et les groupes comprennent les processus politiques, y participent et sont affectés par ces processus qui modèlent et remodèlent la vie sur le continent.

Le thème de la conférence attire l’attention sur l’idée que les relations entre l’état et la société sont construites subjectivement grâce au processus social et par des particuliers qui créent et négocient la signification des idées de communauté, d’autorité, de propriété, de droits etc. Les contributeurs à cette section s’intéresseront vraisemblablement à la manière dont ces processus modèlent et sont modelés par les relations matérielles et institutionnelles entre acteurs et groupes, et par les distributions inégales socialement–et spatialement–des capacités coercitives dans les contextes national, régional et international. Nous encourageons les articles traitant de politique foncière, de politique locale et régionale, de l’économie politique de la démocratisation et de l’autoritarisme, des pressions exercées par les acteurs globaux et les marchés sur les états africains et les sociétés, du VIH/SIDA ou de toute autre question de politique sociale.
 
 

C. La philosophie et la religion : Les identités imaginées et le pouvoir de la pensée et de la foi
Elias Bongmba, Rice University (bongmba@rice.edu)

Nous invitons des articles sur l’identité, la langue et la mémoire en Afrique et dans la diaspora africaine, sur la  philosophie, les études religieuses/théologiques et la philosophie populaire africaine. Nous encourageons tout particulièrement les articles et les panels qui traitent des perspectives philosophiques et religieuses sur le féminisme en Afrique et dans la diaspora. Les articles dans ce domaine devraient explorer et poser le problème de la théorie et de la méthodologie féministes, des thèmes féministes et du discours et de la pratique féministes. Nous encourageons également les articles traitant de la comparaison entre la pensée féministe dans le contexte africain et dans la diaspora africaine. Nous invitons également des articles et des panels sur la religion en Afrique et dans la diaspora africaine. Nous nous intéressons plus particulièrement aux articles qui explorent la place des femmes, les images de femmes dans la vie religieuse et l’iconographie, ainsi que la contribution des femmes à la religion contemporaine et à la pensée religieuse dans toutes les traditions religieuses d’Afrique, d’Amérique africaine, ainsi qu’aux religions dérivées des religions africaines dans les Amériques. Une table ronde spéciale sera dédiée à la contribution d’Aimé Césaire à la pensée africaine et afro-antillaise. Nous invitons des conclusions individuelles qui analysent de manière critique ces thèmes de négritude, de conscience, de personnalité, et de langue et de mémoire.
 
 

D. Changement des lieux : Les modèles environnementaux en Afrique
Greg Maddox, Texas Southern University (aashghmaddox@tsu.edu )

A première vue, l’environnement et la langue font un drôle de couple. L’étude de l’environnement et des changements qu’ils ont apportés à la géographie et aux sciences naturelles semble faire un gros effort d’objectivité au-delà de la subjectivité et de l’incertitude du langage. De la même manière, si l’on insistait sur la nature contingente et socialement structurée de la production des connaissances sur les environnements et les peuples africains qui les ont créés, il ne serait que trop facile de dégénérer en études critiques de la capacité de «savoir» ou d’exprimer avec une quelconque certitude la moindre idée sur les paysages constamment changeants de l’Afrique. Cette section mettra l’accent sur les articles et les panels qui transcendent cette division. Nous encourageons les articles et les panels qui traitent de la manière dont les sociétés humaines vivent dans leurs paysages et les comprennent, ainsi que de la manière dont l’action humaine a transformé ces paysages. Nous espérons qu’un vrai dialogue pourra émerger entre les spécialistes de sciences sociales et ceux de sciences naturelles, basé sur la nécessité pour les spécialistes en sciences naturelles de comprendre les dimensions humaines et sociales de leur recherche, et pour les spécialistes en sciences sociales et les humanistes de situer leur recherche à l’intérieur d’environnements naturels en perpétuel changement. Les sujets possibles pourraient inclure l’interaction entre la recherche en sciences naturelles comme la botanique, la zoologie, l’écologie, la géologie et les communautés locales, les débats sur les buts et les méthodes de conservation des ressources et des paysages, la politique et le langage de la protection environnementale dans une arène politique d’ajustement post-structurel, et les effets du changement de climat sur les paysages africains.
 

E. Expressions du pouvoir : Développement économique
Elliot Fratkin, Smith College (efratkin@smith.edu)

Les partisans de la mondialisation acclament l’intégration de la communauté mondiale en un système économique unique et unifié. Les opposants attirent notre attention sur les énormes différences dans le domaine du pouvoir politique et économique entre le «Nord» et le «Sud». Des pays africains ont récemment quitté la conférence de Cancun de l’OMC en signe de protestation. Peut-être aucune autre sphère ne révèle t-elle avec autant de force que ne le fait le développement économique les contradictions qui existent dans les expressions du pouvoir. Le développement économique exprime d’une part, la relation inégale et souvent exploitrice entre les nations riches et pauvres, d’autre part, les avantages inégaux de ce développement entre riches et pauvres à l’intérieur de chaque nation. Mais le développement économique est aussi considéré comme un processus positif, porteur de l’espoir de soulager la pauvreté, de libérer l’esprit humain grâce à la croissance économique et de participer en égaux dans le marché mondial.

Cette section offre un forum permettant d’examiner les effets du développement économique sur la vie africaine à partir d’un certain nombre de points de vue. Nous invitons articles et panels qui analyseraient les stratégies de développement et les options de politiques affectant les communautés urbaines et rurales, la production agricole, pastorale et industrielle ainsi que le commerce local, régional et international. Nous encourageons les études  portant sur les effets des politiques économiques sur les communautés pauvres, rurales, privées de tout pouvoir, ainsi que les panels qui discutent du rôle des gouvernements nationaux et des agences internationales au nombre desquelles se trouvent les programmes d’organisation bilatérale, multilatérale et non-gouvernementale sur la croissance économique et le développement. Sont également encouragées les études de cas dans des pays spécifiques et/ou les études comparatives, y compris la comparaison avec d’autres régions du monde. Les présentateurs devraient profiter de la rencontre conjointe de l’ASA et de l’ACÉA pour toucher un public plus grand que n’attire  leur sous-discipline spécifique. Nous sommes favorables à l’utilisation de PowerPoint et d’autres graphiques.
 
 

F. La diaspora africaine : Mémoires contemporaines et nouvelles identités
Paul Lovejoy, York University (plovejoy@yorku.ca)

Les panels de cette section se préoccuperont de questions d’identité et de mémoire dans l’élaboration et la transformation des cultures de la diaspora africaine, pas seulement dans les Amériques mais aussi dans le monde islamique. Nous accepterons les propositions sur les sujets ayant trait aux thèmes historiques et contemporains des études de la diaspora, mais aussi sur tous les sujets liés aux questions des Africains dans la diaspora. La section explorera le problème de la mémoire et de l’identité dans la diaspora à l’intérieur de trois contextes:

(1) Les souvenirs contemporains de la diaspora liés à l’esclavage, à l’aliénation et à la résistance, tels qu’ils ont été consignés de diverses façons, par le récit, les procédures légales, l’expression religieuse, la musique, la danse et l’observation. Les nouvelles identités formées dans la diaspora se rattachaient à la patrie par la mémoire et le mythe, mais aussi quelquefois par la communication directe et le retour au pays. On doit mettre ici l’emphase sur les liens transatlantiques actuels et ceux établis entre la patrie africaine et les autres pays de la diaspora.

(2) Les souvenirs et identités nés du rapatriement en Afrique de ces Africains et de leur progéniture revenus missionnaires chrétiens, pèlerins musulmans, fonctionnaires coloniaux, colons et aventuriers. Ici nous mettons l’accent sur les liens entre l’Afrique et les lieux où les Africains se sont installés à l’étranger et à travers le Sahara, pendant la période d’esclavage mais aussi pendant l’ère coloniale de post-émancipation.

(3) L’expansion historique et culturelle de la diaspora africaine dans la période moderne, post-coloniale, explorant les liens entre l’Afrique et le reste du monde, à travers le regard de ceux qui cherchent à corriger les erreurs du passé. Ici, l’accent porte sur l’héritage laissé par l’esclavage et la confrontation toujours actuelle avec le racisme dans le monde contemporain de la migration internationale et de l’implantation qui sont le résultat d’un certain nombre de crises et de motivations.
 
 

G. Récits historiques, mémoire et identité en Afrique et dans la diaspora
Andreas Eckert, Université de Hambourg (andreas.eckert@uni-hamburg.de)

Les questions autour de la mémoire et de sa relation avec l’identité nationale et d’autres formes d’identité ont, ces deux dernières décennies, pris la première place dans un certain nombre de programmes intellectuels. Les érudits africanistes, appartenant à de nombreuses disciplines et à des spécialités très variées, ont commencé à examiner les aspects de la mémoire sociale, tels que la mémoire sociale de l’esclavage et du commerce des esclaves ou les manières dont la violence a modelé l’histoire et le souvenir du passé dans diverses parties de l’Afrique. Articles et panels sur ces sujets ou des sujets apparentés sont tout à fait bienvenus. Le rapport fondamental entre la mémoire, la création d’un état et l’historiographie est devenu aujourd’hui un sujet familier au sein des études africaines. Si dans les années 60 et au début des années 70, les élites politiques ont inventé et propagé des traditions légitimant leurs actions, les historiens ont fait de gros efforts pour objectiver la nation et la présenter comme une entité unitaire d’extraction linéaire. Plus récemment, de nombreux observateurs ont soutenu que dans l’Afrique post-coloniale, la mémoire au niveau de la pratique publique connaît une crise grandissante.

Selon eux, on ne peut pas recouvrer, produire et oublier l’histoire dans l’Afrique post-coloniale; et l’état n’a plus ni le pouvoir ni les moyens de produire une histoire maîtresse susceptible de faire autorité. En revanche, les histoires locales écrites et publiées par des historiens non-académiques (souvent dans la diaspora) ont acquis une importance considérable. Ces historiens construisent et reconstruisent les identités locales confrontées à de rapides changements sociaux. Nous accueillerons volontiers aussi les articles et panels sur les relations entre la mémoire et l’histoire et leur importation pour des questions d’esthétique, d’éthique et de politique. Les projets qui enquêtent sur les phénomènes dont la nature bloque la compréhension et perturbe la mémoire et dont les effets tardifs affectent les tentatives de représenter ou de faire face au passé de quelque manière que ce soit, ces projets présentent à nos yeux un intérêt tout particulier.
 
 

H. Le colonialisme, l’impérialisme et la résistance : Les formes de pouvoir
Philip Zachernuk, Dalhousie University (pzachern@dal.ca)
L’Afrique des temps modernes a subi d’énormes luttes pour le pouvoir. L’identité, la langue et la mémoire ont souvent été au centre de ces combats. Pour résister, la lutte doit s’engager autour des images du passé et des visions de l’avenir. Les souvenirs de passés glorieux et les souvenirs plus récents d’une résistance antérieure sont l’essence des traditions politiques nationalistes. Les critiques subalternes des ces mythes nationalistes qui font appel à des récits différents du passé ont donné forme à la résistance aux régimes post-coloniaux. Les résistants ont dû également évaluer le pouvoir des langues locales, des linguae francae, ou de la langue du peuple colonisateur comme véhicule pour exprimer ces souvenirs. Ils sont également passés du style de discours conservateur, aux styles radical, universaliste et nativiste. Les identités se sont souvent modelées dans des circonstances étranges, prises entre l’affirmation des traditions et les processus de réinvention. Toutes ces histoires se relient les unes aux autres d’un côté du continent à l’autre et au-delà même du continent quand les Africains ont pris contact avec la diaspora et les peuples d’ailleurs pour former de nouvelles identités susceptibles de faire opposition aux forces acharnées à les soumettre.

Les colons eux aussi ont eu à exprimer, même à fabriquer leur pouvoir par l’intermédiaire du langage et de l’identité. Les dirigeants coloniaux avaient besoin de trouver des symboles efficaces de leur présence et contestent souvent les différences d’interprétation qu’on en fait. Ainsi, ils ont imaginé leurs propres passés glorieux et ont surimposé des modèles historiques aux classes sociales africaines. Le pouvoir impérial s’exprimait aussi de manière très variée, par l’urbanisme, la représentation photographique, l’appropriation et le contrôle des langues et les programmes médicaux.

Cette section accueille tout particulièrement les histoires et analyses–labourées autour des concepts de l’identité, de la langue et de la mémoire–de la manière dont ces jeux du pouvoir colonial ont été mis sur pied, et celle dont les Africains leur ont fait face. Elle accueille également d’autres contributions, de n’importe quel autre domaine, capables de nous offrir une appréciation de l’histoire culturelle, sociale et politique de l’impérialisme ainsi que de la résistance africaine.

I. Expressions du pouvoir : Agriculture et développement rural
Peter D. Little, University of Kentucky (pdLitt1@pop.uky.edu)

Malgré leurs rôles prédominant dans les économies et les sociétés, l’agriculture et le secteur rural continuent de recevoir de plus maigres ressources que les autres domaines et secteurs économiques. En effet, les politiques agricoles sur le continent reflètent les puissants intérêts nationaux et internationaux, favorables aux populations urbaines et aux grandes entreprises agricoles. Pourtant, les systèmes agraires africains sont exceptionnellement dynamiques et ont réagi positivement aux créneaux et aux contraintes imposés par le nouveau marché qui ont, dans certaines régions, transformé l’agriculture des petits exploitants, bien que souvent cela n’ait pas bénéficié à la plus grande majorité. En accord avec le thème de cette année, la section recevra les contributions qui explorent les thèmes tels que : la dynamique de l’agriculture des petits exploitants et les systèmes de baux; la politique des faiseurs de politiques agricoles; la sécurité alimentaire; la dynamique de la pauvreté rurale; le rôle des activités non-rurales dans le développement rural; les nouvelles «formes» d’agriculture africaine; et les approches innovatrices, favorables à la revitalisation de l’agriculture africaine. Nous encourageons les articles qui incorporent les méthodes et approches interdisciplinaires, tout comme les contributions qui utilisent les études de cas et les données collectées à différentes périodes de temps.
 
 

J. Les formes du pouvoir : les relations internationales
Daniel Volman, African Security Search Project (dvolman@igc.org)

L’émergence de nouveaux modèles de relations internationales depuis la fin de la guerre froide – et plus encore depuis les évènements du 11 septembre 2001–ont considérablement changé non seulement l’impact des processus politiques et économiques sur l’Afrique, mais aussi la signification et l’influence des processus et problèmes politiques, économiques et culturels africains sur les affaires internationales. Nous accueillerons volontiers les projets sur n’importe quel aspect des relations internationales en Afrique. Ces projets peuvent varier entre les études sur la place de l’Afrique dans le monde et les articles qui explorent les développements sur tout le continent, à l’intérieur des sous-régions, et dans les relations entre les pays particuliers (en Afrique et globalement). Nous nous intéressons particulièrement aux projets qui traitent du rôle de l’identité, du langage et de la mémoire dans l’amorce, le déroulement et la conséquence des conflits à l’intérieur des états africains.
 
 

K. La culture visuelle et la performance en Afrique et dans sa diaspora
Marie Nathalie LeBlanc, Concordia University (marienat@sympatico.ca)

On a décrit les processus de mondialisation et de localisation culturelles comme une lutte acharnée entre les forces favorables à l’homogénéisation culturelle et les résistances locales. Ces tendances, en apparence contradictoires, peuvent être considérées comme les expressions de la dynamique du pouvoir, invoquant un large éventail d’identités, de langages et de moments de la mémoire. Les deux tendances sont présentes et souvent entremêlées dans la culture visuelle et celle de la performance sur le continent africain et sa diaspora. Les sujets mobiles, les produits nomades, les média ambulants et les idéologies soulèvent des questions de métissage et d’hybridité, met en question les notions d’authenticité et d’identité, tout en suggérant la domestication des expressions culturelles hétérogènes.

On observe la dynamique de la production multiculturelle à l’œuvre dans la consommation africaine des productions Baliwood, des films de Kung Fu, des romans feuilletons et de l’évangélisme américain télévisés, dans la production de reggae africain et de rap, l’appropriation de la musique africaine par les marques du genre World Beat, la création populaire des festivals du film africain et de la diaspora dans les grandes villes nord-américaines et européennes. Les nouvelles technologies et leur appropriation elles aussi jouent un rôle dans la consommation et la commercialisation des expressions culturelles, telles que l’industrie si dynamique de la vidéo ghanéenne et nigériane ou la «découverte» récente des photographes africains au Mali. Si la mondialisation de l’expression culturelle provoque de nouveaux processus d’identification et de mémoire en Afrique et dans la diaspora, on peut spéculer sur la nouveauté de ces dynamiques. Y a-t-il des différences entre la commercialisation de la photographie malienne dans les années 90 et celle des sculptures africaines des années 20? La réception des productions visuelles américaines ou brésiliennes est-elle différente de la popularité de la musique cubaine dans les années 50 et 60? De telles questions soulèvent le problème de la dynamique contemporaine du pouvoir, incrustée dans la culture visuelle et du spectacle, avec ce que cela signifie aux niveaux local et global.

Cette section sonde les processus récents de mondialisation et de localisation culturelles, puisqu’elles font partie de la culture visuelle et du spectacle. Les articles et panels peuvent traiter, entre autres sujets, des modalités de production et de consommation culturelles, du rôle des Africains dans l’appropriation des styles et des genres culturels globaux, et/ou le rôle de ces expressions culturelles en termes de dynamiques locale et global du pouvoir. Nous invitons les articles et panels à se demander ce qui est «nouveau» et ce qui est «ancien» dans ces récents processus de mondialisation culturelle, et à remettre en question les limites de l’authenticité, de l’identité et de la mémoire.
 
 

L. Expressions du pouvoir : Les enjeux reliés à la santé
Meredeth Turshen, Rutgers University (turshen@rci.rutgers.edu)

Les institutions internationales, reflétant les vastes forces économiques, politiques et sociales, sont en train de pousser les sociétés africaines vers des modèles occidentaux et nordiques de capitalisme et de démocratie. Dans de nombreuses régions du continent, les sociétés locales, les groupes sociaux et les particuliers résistent aux pressions de ces vastes forces et confrontent les institutions qui imposent les nouveaux modèles. Dans cette conjoncture, les Africains et africanistes posent des questions difficiles. La mondialisation apporte-t-elle un développement paisible ou fomente-t-elle de nouveaux types de guerre en Afrique, sans parler des impacts bien connus des conflits sur la santé et le bien-être.

Les membres des panels et les érudits travaillant individuellement sont invités à soumettre les travaux qui traitent de questions de santé dans le contexte des relations entre l’Afrique et le Nord et les institutions internationales qui le représente. Quelles sont les nouvelles expressions du pouvoir nordique et occidental dans le secteur de la santé? Nous suggérons l’exploration de problèmes tels que la relation entre  le déclin dramatique de l’espérance de vie et les nouveaux modèles de privatisation des soins de santé (telle la mise en franchise), les nouveaux modèles de financement des soins de santé (telle l’assurance commerciale) et les nouveaux moyens de refuser les soins de santé (l’exclusion des travailleurs émigrés et des non-citoyens). Certains des exemples de résistance les plus frappants viennent des malades de SIDA en lutte avec l’industrie  pharmaceutique internationale qui s’obstine dans le rationnement global des traitements. Pour finir, qu’ont fait la militarisation et la propagation du SIDA aux priorités des soins de santé dans les pays africains: les besoins des malades du SIDA et les blessés de guerre compriment-ils les budgets pour les soins de santé généraux et les services environnementaux? Les participants sont requis de réorganiser leurs données autour des notions de sexe et/ou genre et de prêter autant que possible une attention toute spéciale à la santé des femmes. Cette section invite les articles et les panels focalisés sur les questions de santé en Afrique, qu’ils se concentrent sur le sujet spécifique des expressions du pouvoir dans le secteur de la santé ou de conception plus large. Les articles et panels avec une emphase sur les expériences locales sont plus particulièrement bienvenus.
 
 

M. Le genre et le pouvoir de l’expression
Priscilla Stone, Washington University (pstone@artsci.wustl.edu)

Dans cette ère de mondialisation qui est la nôtre, l’étude de l’identité,  du langage et de la mémoire organisée autour des sexes est particulièrement fascinante. Au fur et à mesure que les contestations souvent âpres entre les réalités locales et les pressions globales mettent d’énormes pressions sur les rôles des hommes et des femmes et sur les espérances de chacun, les Africains, hommes et femmes, sont de plus en plus pris en sandwich. Si ces nouvelles possibilités peuvent ouvrir la porte à l’innovation, elles peuvent aussi être ressenties de manière douloureuse.  Par exemple, l’autonomie économique des femmes africaines à l’intérieur du ménage, peut montrer une continuité importante avec les espérances passées, mais elle a revêtu une urgence nouvelle dans les périodes d’appauvrissement–un mélange complexe de durcissement et de fluidité.

Ces identités et rôles fluctuants se retrouvent dans de nombreux aspects de la vie africaine, passée et  présente et nous encourageons les articles recouvrant un large éventail de domaines. On peut expliquer la nature de la relation hommes-femmes et le comportement sexuel à l’intérieur du contexte global de la propagation du VIH/SIDA, de la violence domestique, de la migration, par exemple, mais les marques des normes «traditionnelles» sont présentes partout. La politique, l’éducation, l’accès aux langues du commerce et de la politique, différent selon les sexes, ainsi que la contribution des femmes aux domaines de l’art, de la littérature et du spectacle sont tous des domaines fertiles, propices à l’exploration des continuités mais aussi des fractures. Nous encourageons également les articles qui reflètent la nouvelle et riche littérature sur la place des souvenirs de femmes dans les histoires locale et nationale.

Il n’est pas indispensable que tous les articles et panels sur les sexes se focalisent sur des questions d’identité, de langage et de mémoire en Afrique. Il y a beaucoup de choses fascinantes à découvrir sur les sexes dans les études africaines et nous encourageons une large gamme de travaux.
 
 

N. Les technologies de l’information et du développement : Nouvelles communautés
Simon Akindes (akindess@uwp.edu) et Joseph Caruso (caruso@columbia.edu)

L’adoption, ces quinze dernières années, de politiques néo-libérales en Afrique a facilité l’introduction des technologies de l’information et de la communication fondées sur l’ordinateur (TIC). Ces technologies redonnent fondamentalement forme à l’éducation, à la recherche scientifique, aux média, à la politique et au commerce, et affectent la manière dont les Africains et ceux de la diaspora entretiennent des relations entre eux et avec le reste du monde. De nouvelles communautés se forment autour de concepts originaux de localité et de virtualité, avec de profondes implications pour l’avenir. Allons-nous voir des changements positifs dans la pratique et la théorie du développement en Afrique ou une aggravation tragique des crises politique, économique et sociale? Cette section se concentre sur deux domaines principaux de la recherche et du développement dans les TIC.

Tout d’abord, l’examen d’études de cas en Afrique et dans sa diaspora peuvent nous mener à nous poser les questions suivantes: Comment les Africains forgent-ils leur propre identité avec des outils et des programmes conçus en dehors du continent? Comment les TIC aident-ils à établir dans la diaspora de nouvelles communautés, prêtes à de nouveaux combats? Comment les TIC contribuent-elles à défaire ou à renforcer la marginalisation de l’Afrique, particulièrement en termes scientifiques et économiques? L’investissement étranger dans le secteur des TIC encourage-t-il de nouvelles dépendances économiques et intellectuelles et fait-il obstruction à la production et à la dissémination de la connaissance/des langues indigènes? Quel a été l’impact des TIC sur la participation et la démocratisation politiques?

En second lieu, nous pouvons peut-être explorer aussi une série de questions plus théoriques et plus abstraites: les TIC aident-elles l’Afrique à (re)gagner l’initiative dans l’énoncé et la pratique de son propre développement? Quel rôle jouent-elles dans le développement économique et culturel «moderne» des peuples africains sur le continent et globalement? L’Afrique peut-elle «sauter» les étapes du développement économique et faire face aux problèmes d’extrême pauvreté et de développement inégal grâce à un gros investissement dans les nouvelles technologies? A la lumière de récentes expériences, les théories du développement offrent-elles toujours une meilleure compréhension des problèmes de la condition africaine? La révolution dans les TIC n’est-elle qu’une nouvelle stratégie de l’impérialisme économique et culturel occidental ou les Africains et leur diaspora peuvent-ils transcender les limitations du passé et prendre le contrôle du potentiel d’émancipation que les TIC semblent offrir?
 
 

O. Identité et Mémoire : Langues et littératures africaines
Aliko Songolo, University of Wisconsin-Madison (asongolo@facstaff.wisc.edu)

Les rapports qu’entretiennent la langue, la mémoire et l’identité occupent depuis quelque temps une place fondamentale dans les études littéraires africaines. Néanmoins, la question de l’identité se pose avec une urgence particulière aujourd’hui, compte tenu des perturbations inédites que subissent les sociétés africaines à l’ère de la mondialisation et du transnationalisme. L’identité de la littérature africaine elle-même se trouve soumise à de sérieuses interrogations au vu des migrations des écrivains, des critiques, des artistes et des théories bien au-delà de leurs lieux d’origine encore qu’ils maintiennent un rapport étroit avec eux.  L’important essor de nouvelles écritures africaines dans les anciennes métropoles aussi bien qu’en Afrique même a réussi à en étendre les paramètres et à brouiller les frontières entre le colonial et le postcolonial, entre le continental et le diasporique. Tout en se forgeant un espace de résistance et de transgression artistiques, ce nouveau type d’écrivains et d’artistes élaborent des oeuvres cosmopolites précisément parce qu’ils portent en eux des traces de multiples cultures nationales et transnationales dans la foulée du colonialisme et du fait qu’ils évoluent au sein d’un neo-colonialisme global.

La question de la langue se trouve au centre de ces mutations. Au moment où les écrivains du continent et de la diaspora animent les langues coloniales d’une nouvelle vitalité, l’avenir et la place des langues africaines dans la production culturelle suscitent de nouvelles préoccupations. En janvier 2000, la Déclaration d’Asmara a ainsi sommé décideurs et créateurs africains de défendre et de développer les langues africaines, mais aussi d’encourager le dialogue entre elles par la traduction, pour mieux s’attaquer aux clivages sociaux historiques et actuels, promouvoir la démocratie, et consolider la mémoire collective parmi les peuples africains.

Or, c’est précisément à travers la langue—quelle que soit l’acception de celle-ci—que l’on peut interroger la mémoire. Face aux fléaux endémiques—guerres, génocides, épidémies, indigence—, certains pays ont eu recours à des forums publics du type Truce and Reconciliation Commission en Afrique du Sud, National Reconciliation Commission au Ghana ou encore Gacaca au Rwanda pour chercher à comprendre et peut-être à exorciser le mal. Dans le même temps, grâce à de puissantes représentations, écrivains, peintres, cinéastes, musiciens et autres artistes, proposent d’autres voies vers la catharsis et érigent ces traumas en lieux de mémoire.
 

P. L’éducation, la communauté et la langue
Damtew Teferra, Boston College (teferra@bc.edu)

Dire que l’éducation est une condition sine qua non à l’avènement des progrès social, économique  et culturel est un cliché. Tandis que le monde ouvre la porte à l’ère de la connaissance et que les modèles de développement continuent de changer, le besoin et la signification de l’éducation, de la connaissance et de l’information sont devenus plus critiques que jamais–mettant en évidence la grande nécessité de comprendre les problèmes réels qui affectent l’éducation du peuple africain. Le continent africain a le taux le plus élevé d’analphabétisme. En outre, il doit faire face à des défis à la fois immenses et complexes et jouit de grands potentiels. Il reste beaucoup à apprendre et à faire dans le domaine des systèmes d’éducation.

Région pétrie d’ironie et de contradiction, ce continent où règne l’analphabétisme est aussi le paradis des langues. La riche diversité linguistique du continent a été piètrement explorée, développée et sanctionnée. A une époque où les pays du monde se rapprochent de plus en plus les uns des autres, utilisant des média et des langues limités, et où l’éducation est transmise par l’intermédiaire d’un nombre de plus en plus limité de langues, l’avenir même de la majorité des langues du continent est en grand danger. Bien avant les pressions de la mondialisation, les problèmes de langues–tel le choix d’une langue nationale et d’un médium d’instruction, entre autres–ont souffert d’une controverse persistante et il y a peu d’espoir que cette tendance ne change dans le futur immédiat.

Nous accueillons les propositions, panels et tables rondes traitant d’un vaste éventail de problèmes autour de l’éducation et des langues sur le continent fondés, de préférence, sur l’expérience locale tout en la reflétant et en l’intégrant à un contexte régional et local.
 
 

Q. Les langages du mouvement: Activisme et mobilisation populaires
Michael West, Binghamton University (mwest@mail.binghamton.edu)

Ce sujet se concentre sur les mouvements sociaux, leurs langues, leurs échanges, leurs symbolismes ou leurs actions. Les mouvements sociaux, comme on les définit ici, s’opposent au système dans leur forme et leur caractère et sont déterminés par deux qualités essentielles. Premièrement, ils opèrent séparément de l’état et sont indépendants par rapport aux actions de l’état. En second lieu. Les mouvements sont fondés sur et dérivent leur légitimité de la mobilisation des masses et du soutien populaire. En gros, le but du mouvement social est de provoquer des changements systémiques dans certains des aspects du comportement humain–politique, social, économique, culturel et religieux. La cible des mouvements sociaux peut varier. Certains peuvent être dirigés contre l’état: renversement des structures étatiques, prise du pouvoir étatique, exercice d’influence sur la politique étatique. D’autres mouvements sociaux peuvent chercher à provoquer des changements au niveau de la société: réforme religieuse, transformation morale, changements du statut de certains groupes (par exemple, les femmes, la jeunesse, les opprimés, les asservis). D’autres encore peuvent chercher à aiguiser la prise de conscience de certains problèmes, ou l’opposition à ces mêmes problèmes tels que le SIDA, le militarisme, la guerre, l’esclavage, la violence contre les femmes, et/ou les réparations. Les tactiques des mouvements elles aussi peuvent varier, allant de la pression morale à la désobéissance civile, des manifestations aux pétitions et de l’autodéfense armée au combat armé. Les papiers et panels soumis sur ce sujet peuvent être soit historiques soit contemporains. D’un point de vue spatial, ils peuvent mettre l’accent sur les mouvements sociaux qui cherchent à mobiliser toutes sortes d’auditoires, les séduire ou avoir une interaction avec eux: auditoire local, national, régional, continental, transcontinental, ou un mélange de tout cela.
 
 

R. L’archéologie, le langage, le mémoire et la création de l’identité
Peter Schmidt, University of Florida (pschmidt@africa.ufl.edu)

L’archéologie, telle qu’elle est pratiquée de nos jours est née d’une histoire intellectuelle caractérisée par un engagement profond dans les questions de langue et de mémoire (linguistique historique et traditions orales) et, plus récemment, dans la création de l’identité. Ces préoccupations profondément enracinées sont le résultat d’une archéologie plus humaniste focalisée sur les histoires locales ainsi que sur les questions plus larges de développement, les droits humains, et la viabilité en Afrique. De ces dernières préoccupations, une nouvelle archéologie est née en Afrique, qui s’inspire de la théorie sociale tout en faisant face aux besoins sociaux et économiques. En d’autres termes, une archéologie activiste engagée de manière plus réfléchie dans le déroulement de l’histoire, qui englobe les souvenirs indigènes du paysage tout en valorisant les droits de la population locale à un passé culturel et qui se manifeste en particulier par un engagement actif dans la gestion de l’héritage et des capacités accrues en archéologie. L’archéologie est devenue un outil puissant grâce auquel les idées historiques populaires en Afrique et dans la diaspora peuvent être réévaluées–allant du discrédit des mythes aux révisions des interprétations jusque là acceptées. La mémoire de l’espace sacré et le rôle de l’espace sacré dans la croissance des systèmes politiques et sociaux figurent comme éléments clés des préoccupations archéologiques concernant la manière dont l’espace sacré est utilisé pour la manœuvre politique et l’identité.

La manipulation du capital symbolique contenu dans l’espace sacré et rituel a, récemment et dans un passé lointain, joué un rôle majeur dans la légitimation. Dans sa quête de réservoirs symboliques et d’axiomes symboliques dominants, l’archéologie africaine s’est tournée vers la spécialisation de l’artisanat et le rituel–entre autres domaines, pour élargir sa compréhension des modèles symboliques du monde matériel. Les modes de représentation dans le langage archéologique et le jeu des tropes dans l’interprétation archéologique sont des centres d’intérêt croissants et touchent à des implications culturelles du langage d’interprétation riche en tropes de l’archéologie actuelle.
 

Si aucune de ces propositions ne correspond à la communication ou au panel que vous désirez soumettre, inscrivez votre choix à la lettre Z.
 
 
 
 
 
 

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